Eugène Grasset (1845-1917), dessinateur, Fulgraff, ébénisterie et sculpture, Mobilier pour Charles Gillot et sa fille Marcelle Seure, Paris, vers 1880-1905

Eugène Grasset (1845-1917), dessinateur, Fulgraff, ébénisterie et sculpture, Mobilier pour Charles Gillot et sa fille Marcelle Seure, Paris, vers 1880-1905

Dons Gabrielle Richard, 1959, 1968, 2004
Don Marcel et Gabrielle Richard, 1977
Inv. 38190, 41689-41694, 45713-45714, 2004.24.1-2
© Les Arts Décoratifs

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En 1879, Charles Gillot demande à son ami l’illustrateur Eugène Grasset de concevoir la décoration et l’ameublement des pièces principales de son hôtel particulier du 79 rue Madame, dans le VIe arrondissement de Paris. Construit par sa mère entre 1875 et 1877, l’immeuble abritait un atelier d’impression spécialisé dans le tout nouveau procédé de la « photogravure ». Grasset doit concevoir le mobilier des pièces principales : la grande galerie abritant l’importante collection d’art d’Extrême-Orient, du Moyen-Âge et de la Renaissance, la salle à manger et la chambre à coucher. L’ensemble, en bois de chêne, est créé par le décorateur entre 1880 et 1885 et exécuté par l’ébéniste Fulgraff, qui travaille alors pour Charles Gillot.

En 1905, au moment de son mariage avec l’archéologue Georges Seure, la fille de Charles Gillot, Louise-Marcelle Seure (1884-1958), commande à Eugène Grasset un ensemble de salle à manger en noyer composé d’une grande table, de six chaises, d’une desserte et d’un buffet pour son appartement. La jeune femme, qui avait été pendant trois ans l’élève de Grasset à l’École Guérin où il enseignait la décoration, souhaite recréer pour le nouvel appartement qu’elle occupe depuis son mariage un décor qui lui rappelle celui de la rue Madame.

L’ensemble mobilier dessiné par Eugène Grasset pour l’hôtel particulier de Charles Gillot répond à la devise de l’Union Centrale des Arts décoratifs et réintroduit « le Beau dans l’Utile ».

Eugène Grasset crée avec liberté des motifs aux influences multiples, continuant dans le travail du bois et du fer forgé son talent d’illustrateur. L’œil se perd dans la prolifération des ornements. Les représentations de la nature, animales, végétales et minérales s’entremêlent. Les rats et les belettes courent le long des colonnes du buffet-dressoir tandis que les oiseaux de nuits se nichent sur la cheminée et côtoient lapins, grenouilles, poissons, chats sauvages, coqs et chauve-souris. Les plantes et les fruits abondent : épis de blé, fleurs, branches de sapin et d’églantier convoquent tout le règne végétal. Cette imagerie naturaliste est complétée par un univers fantastique. Les colonnes prennent la forme de chimères et les sphinges, les griffons et les gargouilles animent le décor sculpté. Celui-ci prend même une valeur allégorique et symbolique. Les quatre panneaux carrés des portes de la cheminée de Charles Gillot représentent les allégories du Travail, de l’Étude, de la Guerre et de la Paix. Le buffet de la salle-à-manger de Louise-Marcelle Seure est, quant à lui, entièrement consacré aux thèmes de la nourriture et de la boisson.

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