Claude (1925-2019) et Francois-Xavier (1927-2008) Lalanne, itinéraire d’un couple d’artistes

Les Lalanne forment un couple d’artistes bien connu pour avoir fait de la nature et des animaux le support de leur œuvre. Couvrant des champs très divers (sculpture, mobilier, couverts, bijoux, tapis, dessin…), leur travail se distingue fortement de la création contemporaine.

Né en 1927 à Agen et formé à l’Académie Julian, François-Xavier Lalanne va tourner le dos à la peinture en 1952 au moment où il rencontre sa future femme, Claude. Cette dernière a fait des études à l’Ecole des arts décoratifs de Paris et à partir de 1956 leur travail en commun débute, même si chacun réalise des projets indépendants. Leur première exposition personnelle commune a lieu sous le titre « Zoophites » à la galerie J de Jeanine Restany en 1964. Le ton de leur production est donné. François-Xavier présente là le Rhinocrétaire, premier rhinocéros bureau en laiton et Claude des Choupatte, mi-chou mi-animal. A partir de là, dans un esprit à la fois surréaliste et humoristique, le mouton deviendra siège, le babouin cheminée, le gorille coffre-fort, le rhinocéros et l’âne bureau, le crapaud siège…

Exposés ensuite par la galerie d’Alexandre Iolas, défenseur des Surréalistes et des Nouveaux réalistes, ils vont poursuivre séparément leur œuvre. C’est à Ury, village proche de Fontainebleau, qu’en 1967 ils choisissent de s’installer pour développer chacun un univers loin du conformisme.

Privilégiant le moulage et la galvanoplastie apprise auprès de l’artiste américain James Metcalf, Claude multiplie les assemblages hybrides dans ses sculptures, objets, mobilier ou couverts. Elle s’intéresse principalement au travail du métal au moment où les designers des années 60-70 se passionnent pour de nouveaux matériaux (plastique, mousse …). François-Xavier, lui, surprend par ses meubles métalliques en forme d’animaux. Initié à l’œuvre de François Pompon par sa première épouse, elle-même parente éloignée de ce sculpteur animalier, François-Xavier défend l’idée d’une sculpture ayant parfois une vocation utilitaire.

Dès 1973, Pierre Restany pointe leur rupture avec le design contemporain : « Le grand mérite des Lalanne est de ne rien abdiquer de leur vision arcimboldienne du confort intérieur ».

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