Jeudi 24 novembre à 18h30, L’album Holker : échantillons textiles et espionnage industriel entre la France et l’Angleterre au XVIIIe siècle

Les Éditions des Arts Décoratifs publient un livre consacré à l’album Holker, pièce maîtresse des collections de textiles du musée des Arts décoratifs. Fruit de la rivalité franco-britannique, cet album rassemble 115 échantillons textiles réunis par John Holker, ancien ouvrier textile du Lancashire devenu espion à la solde des Français, lors d’une mission secrète réalisée en 1751 en Grande-Bretagne. Ce précieux manuscrit est connu pour conserver parmi les premiers échantillons de toile de jean. Reproduit en facsimilé et retranscrit dans ce livre pour la première fois, l’album est accompagné de textes rédigés par les plus grands spécialistes d’histoire économique, d’histoire des techniques, de l’histoire globale du coton, des transferts de technologie et de la mode. Généreusement illustré et entièrement bilingue français-anglais, riche d’un important appareil critique, c’est un ouvrage de référence pour l’étude de l’histoire des textiles et du vêtement à la veille de révolution industrielle, et au-delà. Ariane Fennetaux et John Styles, directeurs scientifiques du livre, nous présentent l’album Holker et son contexte historique passionnant. 


Jeudi 17 novembre à 18h30, Nestor Perkal

À l’occasion de la parution de la première monographie qui lui est consacrée aux Éditions Norma, l’artiste Nestor Perkal reviendra sur son parcours aux côtés de l’auteur du livre, la théoricienne et critique de design Jeanne Quéheillard. Architecte et designer né en Argentine, Nestor Perkal quitte sa terre natale en 1978 afin de venir s’installer en France. Dès son arrivée en 1982, il ouvre une galerie au 23, rue de Beaubourg, où il est le premier à exposer le groupe Memphis qu’il a découvert à Milan un an plus tôt. Figure clé d’une décennie qui a renversé les codes du design, l’artiste n’a cessé de contribuer à la reconnaissance de jeunes designers comme Javier Mariscal ; Oscar Tusquets, Georges Sowden, Martine Bedin ou encore Nathalie du Pasquier. Ses créations personnelles qui intègrent son intérêt pour les techniques artisanales et les savoir-faire sont mises à l’honneur dans deux expositions actuellement présentées au musée des Arts décoratifs et du Design de Bordeaux (« Nestor Perkal - Des années 80 à aujourd’hui, une figure clé de la culture du design en France ») et au musée des Arts décoratifs de Paris (« Années 80. Mode, design et graphisme en France »).


Mercredi 9 novembre à 18h30, Les enjeux actuels du marché de l’art en galeries

Animée par Guy Boyer, directeur de la rédaction de Connaissance des Arts, cette discussion porte sur les enjeux actuels des galeries. Elle se tient en parallèle de la foire Fine Arts Paris et La Biennale qui a lieu au Carrousel du Louvre du 9 au 13 novembre 2022. Les problématiques liées au marché de l’art ancien, telles que les questions de provenance des objets ou de l’usage de l’ivoire dans la restauration, seront abordées par Anisabelle Berès et Anthony Meyer. La compétition galeries/enchères, les relations galeries/musées, le déploiement des galeries en banlieue ou à l’étranger, l’avenir des foires et des salons et le ralentissement du rythme du marché de l’art font partie des grands thèmes abordés par Marion Papillon et Benoît Sapiro. Il s’agira d’une discussion et non d’exposés ex cathedra pour aborder sans langue de bois la situation actuelle du marché de l’art et des galeries en France. Avec Anisabelle Berès et Anthony Meyer, Marion Papillon et Benoît Sapiro. Conférence organisée avec le Syndicat national des Antiquaires et le Comité professionnel des galeries d’art.


Mardi 11 octobre à 13h30, Les recueils de modèles de décoration Art nouveau

Au tournant des XIXe et XXe siècles furent publiés de nombreux portfolios proposant des modèles à destination des artistes. Ils composent une partie emblématique de la collection de la bibliothèque pour cette époque. Parmi ceux-ci figurent des portefeuilles consacrés au décor Art nouveau. En 2020 a été acquis un nouvel ouvrage de ce type : « La décoration picturale au XXe siècle, publiée avec la collaboration des principaux décorateurs », un ensemble de 60 planches en couleurs réunies par l’architecte-décorateur Henry Guédy en 1905. Ce petit trésor est l’occasion de le présenter, en le mettant en rapport avec d’autres portfolios des collections, similaires ou complémentaires.


Vendredi 7 octobre à 10h, À la découverte de la bibliothèque

À la rentrée, la bibliothèque du musée des Arts décoratifs vous ouvre ses portes et vous donne les clés ! Nous vous proposons de venir découvrir l’ensemble des domaines, des fonds (archives, patrimoniaux, revues anciennes, dossiers documentaires...) que vous pourrez trouver à la bibliothèque mais aussi – et peut-être surtout – comment les trouver ! Architecture, design, mode, publicité, jouets, bijoux... L’équipe de la bibliothèque vous donnera toutes les indications pour mener vos recherches avec succès et répondre à toutes vos questions. Quelles sont les archives de créateurs conservées à la bibliothèque et comment y accéder ? Comment trouver un numéro d’une revue ancienne ? Qu’est-ce qu’un dossier d’archive d’exposition ? Comment accéder à nos collections numérisées ? Enfin, pour clôturer, nous vous proposerons une visite guidée de la bibliothèque ainsi qu’une présentation de nos plus belles collections.


Jeudi 29 septembre à 18h30, Pierre-Émile Legrain, au grand jour

Pierre-Émile Legrain (1888-1929) est un personnage fascinant de l’Art déco, recherché par les bibliophiles et par les collectionneurs de meubles d’exception. Longtemps, on n’a rendu grâce à son talent qu’à travers la relation qui le liait à son mentor, le couturier Jacques Doucet pour qui il réalisa de superbes reliures mosaïquées et un étonnant mobilier cubo-africaniste. Un ensemble significatif, provenant du fameux studio de la rue Saint-James à Neuilly, en témoigne dans les collections du musée des Arts décoratifs à Paris. Fruit d’une recherche approfondie, les archives et une documentation conséquente réunies éclairent aujourd’hui de façon inédite son parcours créatif. Laurence Salmon, historienne du design, commissaire d’exposition et professeure à l’ECAL de Lausanne. Une dédicace de l’auteur sera organisée au terme de la conférence.


Jeudi 16 juin à 18h30, Bibliothèque rayon mode : « D.I.Y », « Upcycling », « Surcycling », comme un air de reprise

Plus personne ne peut l’ignorer, notre planète souffre de la pollution, de la surconsommation, du gaspillage. De partout s’élèvent des voix déterminées pour en dénoncer les conséquences, mais aussi pour inciter les humains à réagir, à agir de manière responsable et respectueuse de « l’environnement ». Parmi les solutions proposées figure la nécessité de repenser la consommation, avec pour principaux procédés le recyclage, l’ « upcycling » (surcyclage) et le « D.I.Y. » (Do It Yourself). Si ces termes sont très à la mode aujourd’hui, signifient-ils pour autant que la question du réemploi et de l’économie circulaire est une novation ? Revues de mode, patrons et traités de coupe en main, Jean-Noël Vigoureux-Loridon rappellera qu’il n’en est rien et que la revente, la récupération, la transformation furent de la plus haute Antiquité jusqu’aux Trente Glorieuses la base même de l’économie domestique (tout particulièrement vestimentaire).


Mardi 14 juin à 18h30, Au Cabaret vernis ou l’art de boire le café suivant les Compagnies des Indes

La venue de l’émissaire de Mehmet IV, sultan de l’Empire ottoman auprès de Louis XIV en 1669 scelle définitivement la mode du café en France. Dès lors, il convient de s’approprier ou d’inventer les ustensiles destinés à la préparation et à la dégustation du noir breuvage dont certains trouvent leur inspiration au Levant. Les moulins à café apparaissent simultanément en Orient et en Europe au XVIIe siècle et les orfèvres créent les premières verseuses à café entre 1670 et 1680. Au moment même où la consommation de café s’impose en Europe, les agents des premières compagnies des Indes tentent de profiter des opportunités offertes par le savoir-faire asiatique pour concevoir une gamme d’objets en porcelaine et en laque du Japon ou de la Chine, appropriée au luxe du nouveau rituel de sociabilité. Les politiques protectionnistes et d’isolement imposées par ces deux pays, conjuguées aux troubles de la guerre civile en Chine complexifient le processus. La conférence mettra en avant le mécanisme d’invention des objets de commande, destinés à la dégustation du café et commercialisés par les Compagnies des Indes aux XVIIe et XVIIIe siècles. Par Brigitte Nicolas, conservatrice en chef du patrimoine, directrice du musée de la Compagnie des Indes – Musée d’art et d’histoire de la Ville de Lorient.


Vendredi 10 juin à 18h30, Les caractéristiques stylistiques de la céramique vietnamienne du Xe au XVIIe siècle

Trop souvent comparée à son détriment à sa voisine chinoise, la céramique vietnamienne possède cependant ses propres caractéristiques tant dans sa conception que dans sa réalisation. Les potiers vietnamiens vont intégrer les influences étrangères pour créer leur propre répertoire conforme aux goûts et aux valeurs symboliques nationaux. Par Philippe Truong, chercheur indépendant, secrétaire général de la SFECO.


Jeudi 9 juin à 18h30, Martabani : Importation et réception des céladons chinois dans les cours islamiques, XIVe - XVIIIe siècles

De la Turquie à l’Inde, la beauté et la réputation des céladons de Longquan ont longtemps fasciné les cours de l’Orient musulman. Les premières mentions de “porcelaines” dans ces régions remontant sans doute à l’époque du calife abbaside Harun al-Rashid (786-809 AD). Plusieurs auteurs arabes et persans nous ont livré des descriptions de ce genre d’objets. Concernant plus spécifiquement les céladons, nombre de ces vaisselles transitant par les ports de Birmanie, ils ont souvent été connus sous le nom de martabani. Cette contribution étudie non seulement la réception de ces prestigieux objets mais aussi les phénomènes d’imitation qu’ils ont suscités. Par Yves Porter, professeur à Aix Marseille Université/IUF, spécialiste de l’art islamique.


Jeudi 2 juin à 18h30, Bibliothèque rayon mode : La « moumoute », une histoire à peine tirée par les cheveux

Ils ne sont pas nouveaux, les postiches et perruques qui, depuis plusieurs millénaires, viennent combler les attentes autant des êtres disgraciés au crâne clairsemé que des élégants de l’un et l’autre sexe avides de rivaliser avec Absalon… Dès la plus haute antiquité mésopotamienne et égyptienne, la chevelure d’emprunt se rencontre sur les têtes masculines et féminines. Mais en occident, l’âge d’or des perruques remonte aux XVIIe et XVIIIe siècles : in-folio du temps de Louis XIV, ailes de pigeon du règne de Louis XV, physionomies élevées chères à Marie-Antoinette, coiffures à l’antique des élégantes rasées du Directoire n’est sont que les spécimens les plus fameux. À l’aide de traités authentiques et de documents figurés conservés à la bibliothèque du Musée des Arts Décoratifs, Jean-Noël Vigoureux-Loridon aura soin de démêler la question !


Jeudi 19 mai à 18h30, Bibliothèque rayon mode : « Mais n’te promène donc pas toute nue ! », ou le corps dénudé et les loisirs

Il en a fallu, du temps, pour que le corps occidental se dévoile et révèle, place par place, des portions de chair. « Intolérable ! », s’indignaient les uns. « Pas assez ! », regrettaient les autres prêts à jeter leur bonnet par-dessus les moulins, et bien d’autres choses encore… Dans ce jeu de couvert-découvert, la pratique sportive est incontestablement la première responsable. Par la recherche d’aisance et de bien-être, elle a ouvert une brèche dans la sacro-sainte obsession du corps caché, car honteux. De la natation à l’athlétisme en passant par la promenade et le canotage, nous suivrons les étapes qui nous ont mené à la quasi-nudité estivale.


Mercredi 18 mai à 18h30, Papier peint : le vieux mur fait peau neuve

Diplômé de l’ENSBA et de l’Institut Supérieur de Peinture Van Der Kelen – Logelain de Bruxelles, Boris Deltchev est un artiste peintre d’origine bulgare qui s’investit dans la décoration de résidences privées, d’immeubles monuments historiques, d’espaces publics à travers le monde, y compris d’un méga-yacht. Son équipe excelle dans la restitution et la restauration d’anciennes demeures dont de nombreux châteaux en France, en Allemagne ou en Irlande. Parmi ses dernières réalisations figure la prestation de sa société Vrai-Faux Design dans le cadre du projet de reconversion de l’Hôtel de la Marine de Paris. Cette prestation a illustré la maîtrise de l’artiste et de son équipe à saisir et à raviver l’esprit et les goûts du XVIIIe siècle, à mettre en valeur leur savoir-faire d’artistes décorateurs et à travailler en synergie avec le Centre des Monuments nationaux, les décorateurs A&C et tous les autres corps de métiers. Pour Boris Deltchev, cette conférence est une occasion de partager ses réflexions sur ses créations et son travail en équipe, ses interrogations et les solutions à trouver lors des processus multiples relatifs à un art aussi polyvalent que celui du papier peint ancien.


Jeudi 12 mai à 18h30, Le petit prince et la rose. Histoire d’une vie, histoire d’une œuvre

L’édition récente de la Correspondance entre Antoine et Consuelo de Saint-Exupéry, prix Sévigné 2021, et l’exposition que consacre aujourd’hui le Musée des Arts Décoratifs au Petit Prince ont profondément renouvelé notre compréhension de la vie et de l’œuvre de l’écrivain. Lier les deux, c’est comprendre que la portée universelle d’un livre n’a rien d’étranger aux réalités de l’existence vécue et aux sentiments qui l’animent. Autrement dit : le petit prince et sa rose sont à Consuelo et Antoine ce que la littérature est à la vie. C’est le projet de cette conférence de le montrer, à partir de la lecture commentée des lettres échangées entre l’écrivain et son épouse. Avec Alban Cerisier, archiviste-paléographe, historien de l’édition et de la littérature.


Jeudi 21 avril à 18h30, Bibliothèque rayon mode : La mode hypersexuée, une nouveauté, vraiment ???

« Pornochic » et « fétichic » en mode, tout comme la surabondance de photographies plus qu’érotisées dans l’espace public sont-ils autant de signes inédits traduisant une libération contemporaine au regard de la sexualité ou, au contraire, ne s’inscrivent-ils pas dans une tradition pluriséculaire ? L’apparition du décolleté féminin et des jambes masculines très étroitement gainées dans les chausses au cours du XIVe s., l’hypertrophie de la braguette au XVIe siècle qui vit aussi l’introduction du corps de baleine et des jupons armaturés nous prouvent, entre autres, que le phénomène n’a rien de nouveau et s’inscrit dans la question beaucoup plus large de la perpétuation de l’espèce. Tout en gardant la tête froide, nous en découvrirons les facettes bien souvent inattendues…


Jeudi 24 mars à 18h30, Bibliothèque rayon mode : La mode et ses stimuli

Apparu au début du XIVe siècle, le phénomène mode est la modification arbitraire du goût à fréquences régulières. Cette transformation constante, et foncièrement subjective, est toujours motivée par une adaptation, une révélation, une redécouverte, une émotion, un choc visuel que s’approprie avidement le « faiseur d’élégances ». Afin de cerner les facteurs principaux qui poussent l’être humain à reformuler si souvent son apparence, Jean-Noël Vigoureux-Loridon se penchera sur la question des sources d’inspiration, des influences qui, depuis des siècles, agissent sur la conformation de la garde-robe, accessoires inclus.


Mercredi 23 mars à 18h30, Les rendez-vous graphiques : Super Terrain

Super Terrain est un collectif de designers graphiques composé de Quentin Bodin, Luc de Fouquet et Lucas Meyer. Ils travaillent à la réalisation d’affiches, d’identités visuelles, de livres, de supports numériques, d’expositions, de scénographies, d’installations dans l’espace ou de signalétiques. À travers chaque projet, ils tentent de produire des images ou des dispositifs généreux, tenant compte de leur contexte de diffusion et d’usage.

Lors de résidences de création ou de projets auto-initiés, ils développent une pratique artistique où leurs productions questionnent leurs outils, leur rapport à l’image et sa reproduction. Ces tentatives permettent ainsi d’imaginer des espaces d’expérimentations et de narrations comme prolongement de leur pratique graphique.


Jeudi 17 mars à 18h30, Maurice Dhomme, le céramiste des couleurs

Maurice Dhomme est né à Maignelay (Oise) en 1882 et apprend le métier de potier auprès d’Auguste Delaherche à La Chapelle-aux-Pots. Il s’installe à Colombes (Seine) vers 1911 dans l’atelier et la maison où il s’éteint en 1975.

Après la Première Guerre mondiale, il participe à la construction de l’église Saint-Louis de Vincennes achevée en 1924 (architectes Droz et Marrast). Il rencontre le succès à l’Exposition des arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925 pour le porche de l’église du Village français. Proche des Ateliers d’Art sacré, il réalise la décoration spectaculaire d’églises reconstruites après les ravages de la première guerre dans la Somme et dans l’Aisne.

En 1937, un Grand Prix lui est à nouveau décerné pour la décoration de la façade du Pavillon pontifical de l’Exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne de Paris ; il travaille ensuite à des restaurations de monuments historiques dans l’Oise.

Le céramiste reçoit également des commandes privées pour des décors profanes ; il poursuit parallèlement la production de vases et de plats émaillés dont l’intérêt est reconnu par le Musée des Arts Décoratifs qui acquiert dès 1921 deux de ses plus belles œuvres.

Avec Elisabeth Lezé-Olivier, auteur du livre Maurice Dhomme, le céramiste des couleurs (Amis du Musée de Colombes, 2021) et présidente des Amis du musée de Colombes.

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