Mobilier et objets

Le mobilier et les objets présentés dans cette pièce recréent l’ambiance d’un cabinet d’amateur au tournant du XVIIIe siècle. Dans l’enfilade des pièces d’un riche appartement de cette époque, le cabinet arrive en dernier. Il est placé après la chambre et son usage est entièrement privé. A une époque où la recherche d’intimité va grandissante, et où la chambre a encore un caractère semi-public hérité du XVIIe siècle, le cabinet joue ce rôle de pièce de retrait. Le maître des lieux, seul ou accompagné de quelques amis triés sur le volet, s’y tient pour lire, discuter, se reposer ou méditer… Une méditation à caractère souvent esthétique, favorisée par le déploiement d’objets de collections qui incitent à la délectation et au dépaysement. Le cabinet combine ainsi un caractère intime avec un rôle de « cabinet de curiosités ».

Mobilier

Au centre de la pièce se trouve une table-console, type de table hérité de la console murale, devenu meuble de menuiserie (c’est-à-dire en plein bois), qui s’est progressivement détaché du mur et, muni de quatre pieds, a été placé au centre de la pièce. On y retrouve le même vocabulaire décoratif que sur les murs : visage de femme, masques de faunes, croisillons, palmes et guirlandes.

Table-console et fauteuils cannés contribuent à recréer l’ambiance d’un cabinet de collectionneur au début du XVIIIe siècle.

Les fauteuils installés dans ce cabinet, larges et confortables, sont garnis de canne, une nouveauté introduite au début du XVIIIe siècle. Le cannage, en rotin le plus souvent, permet d’obtenir des fauteuils plus légers, plus aérés, idéaux pour les pièces de travail (fauteuils de bureau), pour des meubles de toilette (bidets) ou bien pour des fauteuils destinés aux pièces de repos, comme ici. Sur ces sièges se déploient les motifs privilégiés du décor rocaille, coquilles, palmes, fleurettes…

Objets

Coupe couverte
Chine, époque Kangxi (1662-1722)
porcelaine dure, émaux wucai, monture en bronze doré
monture, Paris, vers 1710-1720
don PAUL PANNIER, 1918
inv. 21000

Sur des consoles murales sont posées des vases et coupes en porcelaine de Chine. Dès la Renaissance, cette matière inconnue en Europe a fasciné les Occidentaux, qui n’ont percé les secrets de sa fabrication que dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Les objets de porcelaine étaient un must-have que tout amateur éclairé se devait de posséder et de présenter dans son cabinet.

Sur la table-console est présentée une coupe en porcelaine de Chine montée en bronze doré. Au XVIIIe siècle, le goût pour ces porcelaines était tel en effet, que pour les enrichir et les mettre en valeur nombre d’entre elles ont été « montées », c’est-à-dire pourvues d’une monture le plus souvent en bronze doré, qui rehausse leur beauté et leur préciosité.

Nature morte aux porcelaines avec singe et oiseaux
Les objets en porcelaine de Chine présentés dans cette pièce rappellent la fascination des Européens pour ce matériau, comme le montre également cette «  Nature morte aux porcelaines avec singe et oiseaux  » (présentée au quatrième étage, salle consacrée à la chinoiserie, inv. 29896), où se déploie sur une étagère en vernis Martin une sélection de coupes, théières, vases et magots chinois.